La politique de plage

Journée farniente sur la plage aujourd’hui? Lecture attentive de « Marianne »" et le « Canard » (« Voici » aussi, mais ça se dit moins).
En lisant ces journaux (les deux premiers bien sur, le fait que JLDelarue revoir son ex ne m’a rien inspiré du tout), j’ai pris ma décision, ou plutôt ma non-décision ferme sur les élections dans deux semaines : pour la première fois de ma vie, je ne voterai pas pour la liste PS. Le choix de ces élections et des partis a été de nationalisé au maximum un scrutin qui n’a rien de national, un bien mauvais choix. Le vote sanction ne se demande pas, ne se décrète pas. Les partis d’opposition, et le principal, veulent faire de ces élections un « vote sanction » pour le gouvernement Sarkozy, pour dire au petit qu’on ne l’aime pas.
Je n’aime pas le petit, et je ne voterai pas pour ses listes non plus, mais de là à voter PS… Peu parlent de programmes, défendent des idées, racontent l’Europe et s’investissent vraiment pour le sujet pour lequel nous allons voter. C’était le rôle du PS de démonter ce que le président à fait lors de sa présidence de l’UE, de dire ce que eux préconisent, expliquer en quoi le parlement européen peut faire invalider Hadopi. Les sujets d’actualité s’y prêtaient. Pourtant, nous n’avons entendu qu’une demande de vote sanction… Rien d’autre, dans l’espoir que le NON du référundum se joue.
La seule différence entre ces deux scrutins, est que la première campagne s’était faite sur le fond. Les arguments du NON étaient arguments, détaillés, et le net y avait joué un vrai rôle. Si finalement le NON l’avait emporté loin des vrais enjeux, et que ce NON était un vote sanction, il n’avait pas été commandé par des appareils, au nom de leurs propres enjeux (puisque tous étaient pour le OUI). Cette campagne est différente, alors que le NON était une réaction à un système, même s’il était indépendant des enjeux de la question, ce vote sanction ne peut être provoqué ainsi, sans propositions derrière. L’(Europe est une question sérieuse, le parlement a un rôle. S’il est difficile à comprendre parfois (en même temps qui l’explique ?), il ne peut être résumé à « faites un signe fort pour dire que président est méchant »…
Le PS, dans cette élection, a sorti un faux programme, avec des lapalissades à foison et de bonnes intentions
Avec tous les socialistes de notre continent, nous proposons de réformer en profondeur le système financier international pour mettre les marchés financiers au service de l’économie réelle, de l’emploi et de la croissance.
Même dans les rares propositions, ils n’ont pu s’empêcher de se comparer et attaquer Sarkozy.
Et le summum est atteint avec ces derniers mots : Changer l’Europe, c’est nécessaire, battre la droite, c’est faisable, donner un nouveau sens à l’Europe avec la gauche européenne, c’est possible.
Je rêve d’un vrai programme du PS, de propositions décorrélées de celles des adversaires politique, d’une alternative qui ne se compare pas sans arrêt à ce qu’il y a en face. Un vrai parti capable demain de gouverner non seulement le gouvernement européen, mais aussi notre pays, avec autre chose que de bonnes intentions. On a souvent reproché en 2006/2007 à Ségolène de s’empêtrer dans des intentions, de parler beaucoup pour finalement ne pas dire grand chose, son style oral n’aidant pas… Mais pourtant, quand on lisait, quand on s’intéressait, elle disait des choses, proposait, et ne se contentait pas de faire de l’opposition systématique au candidat Sarkozy. Même le « 24 pages », aussi (trop) illustré était-il (avec de jolies photos de sourire Royal) proposait plus…
La stratégie n’a pas payée, elle a perdu, mais sa défaite n’est rien face à celles que nous allons traverser si la méthode du parti ne change pas. Si les portes paroles continuent dans cette stratégie d’opposition systématique. Cette défaite, dont tout le monde a compris que le parti ne faisait pas un enjeu, n’est rien face à celle annoncées aux prochaines régionales, de toute façon perdues (le PS ne regagnera pas toutes les régions sauf une), mais surtout, les élections de 2012.
J’ai hésité sur mon vote du 7 juin prochain. SI j’en avais fait une échéance nationale, avec un message à apporter, j’aurais voté Marielle de Sarnez, car l’évolution du PS me convainc de plus en plus aux chances de Bayrou pour le premier tour des présidentielles prochaines, quel que soit le candidat PS (sauf peut-être DSK). Jusqu’à aujourd’hui, mon choix par défaut s’était plutôt porté sur sa liste.
Mais cette échéance n’est pas nationale, elle a des enjeux autres, avec un parlement international qui n’a pas pour seul but d’emmerder notre gouvernement, même si des fois il le faut (Hadopi par exemple). Mon vote ira donc à Daniel Cohn-Bendit à Paris. Même si j’ai été témoin de leur désorganisation, leurs débats internes interminables sur des questions mineures de campagne, de rivalités stériles entre groupes du rassemblement, ils sont les seuls aujourd’hui à proposer des choses, à parler d’Europe, faire des propositions qui concernent l’Europe, au delà de la simple opposition systématique (même s’ils en font aussi)… Non pas que voter pour un rassemblement qui concerne aussi des gens comme José Bové me fait très plaisir, mais la question qui y est posée est celle de l’Europe, et ils sont aujourd’hui les seuls à répondre aux enjeux qui leur sont posés (avec Libertas mais heu…. leurs réponses sont moins proches de mon propre idéal… pour ne pas dire qu’elles me font rire au mieux, vomir au pire… suivant leurs résultats)



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