Lara Fabian au Zénith : incroyable mais… ennuyeux
Critique publiée initialement sur Ozap
En fin de semaine dernière, Lara Fabian était de passage au Zénith de Paris pour présenter son nouveau spectacle « Toutes les femmes en moi font leur show », qu’elle emmène sur les routes de France jusque mars 2010. L’occasion pour « ses anges » de retrouver leur idole après quatre ans d’absence. Ce spectacle permet à Lara Fabian de rendre hommage aux femmes qui ont marqué son existence. L’album « Toutes les femmes en moi », sorti en mai, a été relativement mal accueilli par la critique, ce qui ne l’a pas empêché de devenir disque d’or. Qu’en est-il de son spectacle ?
Lara Fabian, au top de sa voix
Elle l’avoue elle-même, les critiques qu’elle a subies au début des années 2000 ont modifié sa façon de chanter. Lara Fabian assume de nouveau sa voix et ne se retient plus. Au top de ses possibilités vocales, elle n’hésite plus à s’en servir à diverses reprises, à travers des chansons puissantes comme « Alleluia », « Humana », « Wind Beneath my Wings » (reprise de Bette Midler) et un « Adagio » final.
Il faut aussi dire que Lara Fabian n’est pas seule dans ce spectacle. Elle a invité, à travers un système holographique utilisé pour la première fois, certaines femmes dont elle reprend les chansons. Si Nana Mouskouri, Maurane, Françoise Hardy, Catherine Lara et Véronique Sanson ont enregistré des séquences spécialement pour l’occasion, d’autres sont présentes à travers des photos (Céline Dion) ou des vidéos de l’époque (Dalida et Edith Piaf).
L’expérience est intéressante car inédite. Mais le procédé, pas totalement au point, rend le rendu plat au mieux, flou au pire. A noter tout de même un moment technologiquement intrigant où Lara Fabian chante derrière le piano de Véronique Sanson.
Un rythme qui ne décolle que rarement
L’ambiance est malheureusement cohérente avec l’album « Toutes les femmes en moi ». Si on pouvait s’y attendre, l’ordre des chansons est plus étonnant. L’ouverture se fait sur « Mamie Blue », choix surprenant pour une entrée. Puis, elle enchaîne sur « Soleil soleil » et « Gottingen », avec les arrangements qu’on connaît. Le ton est donné. L’espoir renaît aux premières notes de « Babacar » de France Gall, mais sa version, traînante et moins percutante que l’original, laisse sur sa faim.
Heureusement, Lara Fabian offre après une heure de spectacle un aparté en interprétant un long medley de ses chansons. Elle enchaîne ses tubes « Pas sans toi », « Tout », « Je t’aime », « J’y crois encore », « Immortelle », « Humana », mais aborde aussi des chansons moins connues mais plus énergiques, telles que « Silence », « S’en aller » ou « Alleluia ». Un moment de détente où l’ambiance est (enfin) survoltée. Parfaitement à l’aise et plus spontanée, Lara Fabian joue avec la salle et lui fait reprendre ses refrains.
Le spectacle compte aussi quelques moments drôles. Pour ceux qui l’ont découvert sur Internet, le moment le plus attendu était le medley de génériques de dessins animés. Il arrive cependant après une heure trente de spectacle, entre deux séries de chansons lentes. Heureusement, il ne s’agit pas du seul moment comique du concert. Les hologrammes de Lara Fabian et Maurane offrent un sketch sur les accents avant d’interpréter en duo – avec la vraie Lara cette fois – « Ca casse », la meilleure reprise du dernier album.
Une mise en scène (vraiment) ratée
Mais ce qui plombe vraiment le spectacle, outre les problèmes de rythme, c’est la mise en scène. Lara Fabian est en quelque sorte une anti-Britney. Pour les concerts de Britney Spears, enlevez les lumières, les danseurs, les vidéos, les effets… il vous reste une Britney qui ne chante pas et danse approximativement. Lara Fabian, c’est exactement le contraire. Si la voix est là, la mise en scène gâche le plaisir d’un concert qui pourrait être grandiose en piano-voix.
La lumière est sombre tout au long du concert, sur des tons violet ou bleu foncé. Très souvent, elle se retrouve dans les ombres de la scène et tout est éclairé sauf elle. La lumière devient blanche à la fin du concert, à partir de « Toutes les femmes en moi »… troisième chanson en partant de la fin.
Une lumière certainement censée mettre en valeur les deux costumes de Lara Fabian mais le résultat est… particulier. Si la combinaison orange de la première partie peut paraître être un choix audacieux, même si esthétiquement contestable, la robe de la seconde partie du spectacle est une faute de goût pure et simple. La robe courte et blanche, style années 70 est plastifiée sur le bas et sur les manches, ce qui fait refléter la lumière. Le costumier a dû oublier que les manches étaient près d’un micro. Si le visage est peu éclairé, les reflets dans les manches scintillent de mille feux… Malheureusement (pour les prochains spectateurs), ce second costume ne pourra pas être changé. En effet, certaines séquences avec ses invitées virtuelles ont été tournées dans ce costume.
Finalement, si le concert est à plusieurs niveaux décevant, les spectateurs pourront se consoler avec l’album « Every Woman in Me », vendu au merchandising. Composé de onze reprises anglophones, dont deux ont été interprétée au Zénith, l’album n’a rien à voir avec sa version française. Piano-voix, il illustre ce que fait de mieux Lara Fabian : la simplicité et sa voix incroyable.



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