Avatar : une histoire bien-pensante de Schtroumpfs géants
Qu’on se le dise, on entend pas assez de flutes traversières. Heureusement, tous les 11 ans, James Cameron nous inflige une piqure de rappel. Onze ans après Titanic, son histoire d’amour cucu qui hante encore notre quotidien et un « Tu sautes, je saute » qui est entré dans le langage courant, le réalisateur a livré cette semaine son nouveau phénomène.
Le principal attrait d’ « Avatar » est sa réalisation, ses images léchées au pixel près et la beauté de l’image. Le second attrait est qu’il ne faut pas y aller seul, car voir votre accompagnant les lunettes rouge 3D ridicules sur le nez vous donne l’occasion d’un twitt-moquerie d’anthologie.
Les critiques sont unanimes sur le résultat visuel, criant au génie (ce que le réalisateur est) mais déplore l’histoire inconsistante. Pourtant, de sujets sujets de société son peu subtilement traités. Comme Harry Potter est une transposition dans le monde magique du nazisme, avec des références appuyées, « Avatar » est avant tout un film écologiste, anti colonialisme/militarisme et anti capitaliste. Rien que ça ! 2h40 de film, c’est presque autant qu’une émission de Chabot avec Cohn-Bendit et Bayrou, en moins chiant.
Un film écologiste, un avant goût de l’après pétrole
Les humains ayant épuisé toutes les ressources de la Terre, ils sont obligés de s’attaquer aux richesses d’une nouvelle planète : Pandora. Pour cela, un programme militaire a été mis en place par le gouvernement américain pour puiser du sol de cette planète un métal précieux qui se vend à prix d’or. Nouveau pétrole extraterrestre, les humains ne reculeront devant rien pour s’emparer de cette richesse naturelle, quitte à bouleverser l’équilibre naturel de la planète. Allusion à peine appuyée sur la quête du pétrôle, les méchants n’ont pas de chapeaux comme JR Ewings, mais des casques militaires et des armes qui font du bruit.
L’anti-colonialisme
Dans ce programme de colonialisme, il faut forcément un héros. Fidèle à ses prénoms fétiches, le réalisateur l’a appelé Jack (« No Jack, Nooooooo, there’s a boat… »). Remplaçant au pied levé son frère jumeau décédé avant l’expédition, Jack se retrouve parachuté sur Pandora à devoir étudier le comportement de grands bonshommes bleus pour les chasser de leurs terres placées sur une réserve de cailloux précieux.
Ces schtroumpfs géants vivent dans un arbre entourés de bêtes très dangereuses mais Jack se révèle être un Schtroumpf très malin et il ne tarde pas à se faire adopter par la tribu. Amoureux d’une Schtroumpfette aussi jolie que Fiona de Schrek, il ne tardera pas à changer de camps et trouver les méchants humains colonialistes très vilains. L’étude des peuple devient alors une compréhension de ceux-ci, jusqu’à les aider à se battre contre les méchants humains qui veulent les exterminer et implanter leur puits à pierre précieuses. Une métaphore à peine appuyée sur les génocides d’indigènes.
Les ennemis
Les militaires
Jack a été un marine. Rendant des comptes à un musclor body-buildé borné, son mentor deviendra très vite son ennemi numéro un quand l’heure de l’attaque approchera. L’humanisme des peuples indigènes contre la froideur militaire des humains. Tout y est : le militaire borné qui est prêt à tout pour gagner ses guerres, le héros qui réfléchit et change de camps, jusqu’à la bataille finale qu’il gagnera.
Les capitalistes
Le programme « Avatar » est composé de trois corps importants : les scientifiques, les militaires et les capitalistes. La science n’est pas une fin mais un moyen. Les militaires font le sale boulot, les capitalistes font les comptes et encouragent les premiers. La tête dans les chiffres, le capitalisme est incarné par un personnage antipathique, parlant rentabilité, mais capable à la fin de culpabilité, après coup.
Les amis
La schtroupfette et son peuple tout bleu
Il en fait toujours une. « Titanic » traitait de la lutte des classes (avec le joli pauvre, et la riche paumée), celui ci l’aborde aussi. Bon, ce n’est pas le premier. Qu’une bombasse hollywoodienne tombe amoureuse d’une Schtroupfette rebelle et considérée comme indigène, c’est du harchi-vu. John et Pocahontas, Jack et Rose… Jusqu’à la transformation finale où le soldat bombasse devient définitivement un schtroumpf au grand front comme Fiona de Schrek*.
Les spirituels
Le peuple a un contact très fort avec les forces spirituelles. En contact direct avec les cieux à travers un arbre très joli qui fait de la lumière (comme un sapin de Noël, mais qui ne clignotte pas), ils tranchent avec le cartésianisme extrême des humains. Il y est question de spiritualité, mais assez peu de religion (je n’ai pas levé les yeux au ciel une seule fois…).
En conclusion, « Avatar » traite de sujets importants, mais reste un film très grand public. Sur un ton bien pensant, le film peut aussi être vu au premier degrés. Et alors il devient un film sans intérêt, tirade du bien contre le mal, avec un héros très beau et très gentil. Et alors effectivement, il ne faut pas y aller pour l »histoire, mais pour les jolies images, les jolies couleurs, et le twitt-moquerie grâce aux lunettes. Enfin, c’est toujours un plaisir de retrouver Sigourney Weaver au cinoche…
* Je ne peux que m’excuser pour ces références. Mais dites-vous que j’aurais pu faire pire…

Salut Thomas !
Tu devrais lire cet excellent papier sur Avatar : http://louvreuse.net/Critique/avatar.html
Le film souffre plus de la demie-heure manquante rendant les personnages secondaires moins consistants qu’un problème de scénario.
J’ai été le voir en IMAX 3D hier soir et j’y retourne tout à l’heure le revoir en VO au Max Linder.
Vivement la semaine prochaine, que le Gaumont Disney Village reçoive la copie IMAX en VO !
bon………..; apres cette lecture, vais me contenter de retourner voir gargamel courir apres les schtroumph et la famille pierrafeu !! moins de questions existencielles et métaphysiques !! si l’objectif est encore de nous dire en un temps extremement long pour 10 euros la place : hé hé tri tes poubelles et arrete de faire couler le robinet quand tu te lave les dents …… comme ca tu feras partis des gentils, ton résumé me suffit lol !!
Je suis plutôt d’accord avec toi… Bluffant visuellement mais alors, incapable de rentrer dedans… http://wp.me/pDy5U-1M
Yihaaa, j’adore ton article !
Pour ma part, j’ai adoré ce film, quoi qu’un peu long, mais bien sûr, on ne va pas voir Avatar pour son magnifique scénario.
Il m’a fait pensé à plein de films (déjà vu), mais aussi à des jeux vidéos.
En tout cas c’est clair, on ne peut pas nier la qualité des images. Moi qui est fait un peu de 3D, une fois qu’on sait comment c’est fait tout ça, on aime d’autant plus !!!
Donc bonheur des yeux, certes, mais ces supers lunettes m’ont filé mal au crâne. Ou plutôt est-ce la 3D. 2h40, long à supporter, surtout pour une bigleuse comme moi (plaisir tout de même).
Je note qu’ils auraient dû plus jouer avec la profondeur (même si ça me donne mal au crâne). Ils l’ont trèèèès bien fait dans les premières minutes du film avec la petite bulle (génial, moi qui n’avais jamais vu de film en 3D), puis ils ont presque laissé tombé (même si dans l’ensemble, on oublie pas que la 3D et les lunettes pourries qu’on a payé 3euros la paire sont toujours là.
En tout cas, il a dû y en avoir des recherches graphiques et des crayonnés pour en arriver là…
Je n’ai parlé que des images car tu as très bien parlé du reste.
En attente du prochain film d’animation :)
Pascalou.
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