Shoop boop, shoop boop…
1986 est une année explosive. La comète de Halley se montrait, le coeur de Tchernobyl faisait boum, le tunnel sous la Manche était annoncé et Jeanne Mas chantait « En rouge et noir ». C’est la même année que Chantal Goya interprétait « Protégeons-les », sans savoir que j’écrirai ce billet un 2 décembre, lendemain de la journée mondiale contre le Sida.
Pourtant, l’événement de l’année était tout autre.
Chez un petit fleuriste de banlieue aux Etats-Unis, Seymour Krelborn est secrètement amoureux de sa collègue Audrey. Faute de clients, la boutique doit mettre la clé sous la porte. Seymour propose alors de mettre en vitrine une plante étrange qu’il a découvert le jour de l’éclipse solaire. Intrigués, les clients affluent. Seul hic, la plante est carnivore et se nourrit de sang humain…
Adaptée de la comédie musicale de Broadway par Frank Oz, « The little shop of horrors » est un film bureslesco-absurde. Sur un ton volontairement kitch, il traite pourtant de sujets de société majeurs tels que la pauvreté, le chômage, la maltraitance des femmes.
Ne cherchez cependant pas très loin l’analyse sociologique. Si le film se veut être un reflet des années 60, c’est surtout un film décalé, kitch, aux effets spéciaux en carton. Plus proche de la farce que du film d’auteur, le film est avant tout un bonbon acidulé très bien réalisé et léger.
Les acteurs, caricaturaux et chantants, jouent à fond la carte du décalé. Ellen Greene (Audrey) est parfaite en bimbo malheureuse choucroutée. Loana avant l’heure, elle cache sa tristesse sous des pots de fards à joue, tout en rêvant d’une vie simple avec un garçon qui saura prendre soin d’elle. De son côté, Rick Moranis ( le papa bigleux de « Chérie, j’ai rétrécit les gosses »), incarne à la perfection Seymour, garçon paumé qui connait la gloire du jour en lendemain et dont le meilleur ami végétal est sa source de notoriété.
Suddenly, Seymour
La plante est en carton, carnivore mais a un groove d’enfer. Au delà de son petit soucis de carnivorisme et de volonté de conquête du monde et de l’anéantissement des humains, l’ami venu d’ailleurs est un bon chanteur et je rêve de partager un rock avec lui !
Feed me
Nominé aux Oscars pour les meilleurs effets spéciaux (sic) et pour la meilleure chanson de l’année en 87, le film n’en remportera aucun des deux. Pourtant, vingt deux ans plus tard, il mérite l’Oscar du meilleur fou rire de l’année et inspirera à jamais des « shoop boop, shoop boop… shoop boop, shoop boop… » à placer aux moments appropriés.
La chanson nominée aux Oscars :
« Mean Green Mother from Outer Space »
Ce film m’a été conseillé par un héros fan de musicals un jour de mauvaise humeur. A mon tour de vous le conseiller un soir de déprime, de mauvaise humeur ou de chonchitude.



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