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Déchaîné par la télé

7 octobre 2009 186 Lectures Commentez !

Profitons de ce pic d’audience injustifié (si j’avais voulu vraiment le buzzer, je ne l’aurais pas posté sur mon blog à 15 visites par jour…) pour parler d’un sujet intéressant…
J’ai toujours été passionné par la télévision, pour ce qu’elle est et ce qu’elle représente et ce qu’elle est. Au delà d’un objet de divertissement, elle est avant tout ce qui lie et ce qu’a en commun la majeure partie des Français. Fort lien sociable, son exercice est pourtant souvent dénigré et considéré comme secondaire par les élites.

Pourtant, la télévision est un bien commun, à travers France Télévisions.

Cette télé publique est l’objet d’un essai-plaidoyer, publié ce mois ci par Simone Harari, productrice. Elle produit (entre autres) le jeu du midi « Tout le monde veut prendre sa place » et est présidente d’Effervescence Productions.
Ma génération a grandi avec elle, sans le savoir. « Maguy, » « Marc et Sophie », Vivement lundi », c’était elle, lorsqu’elle était à la tête de Télé Images. Elle a importé en France les sitcoms, bien avant que le héros de ma vie (JLA) s’en empare pour tuer le genre dans le même mouvement…
Depuis vingt ans, Simone Harari travaille pour et sur la télévision. Membre de la Commission Copé en 2008, candidate à la présidence de France Télévisions en 2005 face à Patrick de Carolis, elle livre dans « La télé Déchaînée » un témoignage sur son expérience en télévision.  Au delà, Simone Harari prolonge la réflexion sur la télévision en général, publique en particulier, initiée lors de la Commission Copé. Le constat a été simple : pendant trois mois, nous avons parlé de télévision sans aborder ce qui est pourtant sa raison d’être, les programmes.

Cette réflexion tombe à point nommé, puisque la télévision connait un tournant historique.
Si, pour elle, la vraie première révolution de la télévision a été la création de la télécommande et l’apparition du zapping (plus que le passage à la couleur), la télévision connait sa seconde grande révolution : la multiplication des chaînes. Dans deux ans, tout le monde sera passé de 6 à plus de 20 chaînes. Cette révolution numérique sera un raz de marée définitif fin 2011. Le mode normal de réception permettra à tout le monde d’avoir trois fois plus de choix. Cette multiplication amène une segmentation des publics, avec des chaînes thématiques ou « dédiées ». J’en ai moi même fait l’expérience en 2004 quand je bossais pour l’émission phare de la chaîne « Filles TV » (Lagardère). L’objectif était simple : créer la continuité de Canal J et s’adresser aux jeunes filles. Au programme : des cris, des girly séries et des discussions sur les mecs. Dur expérience pour ceux qui, à plus de 20 ans, ont regardé un jour cette chaîne et pour moi, qui aie dû être un lecteur assidu de « Miss » et « jeune et Jolie » pendant trois mois.

Quel avenir pour la télévision publique dans ce contexte de segmentation ?

Simone Harari est convaincue que le périmètre des chaînes publiques est appelée à évoluer, de la même manière.
France 2 doit rester une chaîne généraliste, qui parle à tout et qui fédère autour du groupe France Télévisions. Alors que les autres ont vocation à s’adresser à des tranches de public plus précises, plus pointues et faire la différence avec les télévisions commerciales.

Dans ce contexte, le programme sera remis au coeur des préoccupations du monde télévisuel. Si aujourd’hui une identité de chaîne (TF1, M6 ou France 3 pour les plus « marquées ») peut suffire à son succès, demain, la multiplication de choix fera que les identités des chaînes seront atténuées et le programme primera.
A cette révolution s’ajoute les nouveaux modes de consommation des images : Internet en asynchrone, la VOD qui se développe qui font que la chaîne a moins d’importance qu’avant.

La possibilité d’un service public virtuel

Dans les pistes évoquées par Simone Harari, il y en a une une inédite et assez intéressante. Si on part du principe que les chaînes n’ont plus d’importance et que c’est le programme qui compte, pourquoi ne pas mettre en place un service public virtuel avec des programmes de service public « labellisés » qui passeraient sur les chaînes privées. Elle détaille dans son livre comment cela se passerait… et comment les chaînes privées ferait capoter l’initiative si un jour elle était mise en place.

Une analyse intéressante pour le téléspectateur que je suis, le passionné de télévision que je ne suis pas moins, et une vision de l’avenir de notre bien commun pertinente. Dans cet essai, elle fait aussi la part belle au financement et au fonctionnement d’un groupe de télévision publique. Cette partie étant cependant moins mon rayon, je vous laisse lire l’article de Rue 89 sur sur sujet… et le livre !

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